Créé en Octobre 2013 à La Comédie de Clermont-Ferrand/Scène Nationale

LES FOURBERIES DE SCAPIN

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COMME UNE ÉCHAPPÉE BELLE
Les circonstances dans lesquelles les Fourberies sont données en 1671 en disent long sur le sens qu’elles ont pour Molière. Si ce n’est pas une sortie de route, ça y ressemble beaucoup !
Molière n’a plus rien écrit pour «la ville» depuis trois ans (c’était l’Avare), et il vient de donner coup sur coup une série de grandes machines pour «la cour», des pièces à grand spectacle et grand prestige, qui ont satisfait certainement sa gloire, mais non peut-être sans «plomber» son génie. Pour ce Molière au sommet, à deux ans de sa mort, la mascarade de Scapin est comme une échappée belle.
Un retour à «la ville», un retour en arrière, aussi, vers une jeunesse insolente, vive. La salle du Palais-Royal est en travaux, impossible d’y créer quoi que ce soit de lourd. Tant mieux, c’est comme une chance. Rien dans les mains, rien dans les poches, tout dans les jambes et dans la bouche : du théâtre à toute vitesse. Ramasser tout ce qui traîne (reprendre son bien, dit Molière), un peu de Rotrou par-ci, de Cyrano par-là, et des Italiens mélangés à du Térence qu’on fait un peu «grimacer» (Boileau, qui râle), secouer le tout, et voilà. Du théâtre en travaux, c’est ça que Molière récupère, exactement, et avec quelle liberté !
Le public boude. Quand Molière sera mort, le public raffolera. Parce que c’était toute la vérité première de Molière, simplement.

Les Géotrupes

SCAPIN : LA «COSA NOSTRA» DU COMIQUE
Monter Scapin, c’est pour cette raison-là et aucune autre. Parce que Scapin, origine incontrôlée, c’est l’ami incarné du peuple (Boileau, qui persifle), et à ce titre l’occasion de retrouvailles nécessaires avec un long théâtre anonyme et populaire et international, avec une immense famille : zanni de tous les pays, unissez-vous. Tabarin ne fait pas honte à Molière, Copeau a raison. C’est la cosa nostra du comique.
Notons qu’au commencement des Fourberies, Scapin est en retraite, ou au moins en retrait. Un peu de fatigue, l’âge aussi, et beaucoup de prudence… Il n’est plus tout à fait ce qu’il a été. Lui aussi, il va se refaire la main, et se refaisant une santé, se démontrant à lui-même qu’il est toujours là, se refaire aussi une légende. C’est comme si c’était la dernière fois qu’il jouait Scapin lui-même, une dernière fois visitée par le souvenir de la lointaine première fois. C’est pourquoi il faut jouer encore et encore Scapin, Scapin jouant Scapin pour un feu d’artifices avant clôture de saison.
Le repris de justice, le débaucheur, oui, mais surtout le mécanicien, le génie de la fabrique, qui ne se contente pas de prestations de services, qui pratique l’embrouille, l’imbroglio, comme un art. Il n’aime les choses que quand c’est impossible, quand leur inventer une issue relève du miracle, de la danse au-dessus des eaux. Il fait descendre une sorte de merveilleux sur les êtres, sur la vie. Il faut l’écouter quand il dit qu’il reprend du service par humanité. La fourberie comme gratuité, comme grâce, dans tous les sens que vous voudrez, d’une divinité mercurienne, et vieillissante.

SCAPIN, valet de Léandre : Christian Esnay
ZERBINETTE, amante de Léandre. : Rose Mary D’Orros
HYACINTE, amante d’Octave ;
NÉRINE, nourrice de Hyacinte : Pauline Dubreuil
ARGANTE, père d’Octave et de Zerbinette : Gérard Dumesnil
GÉRONTE, père de Léandre et de Hyacinte : Jean Boissery
OCTAVE, fils d’Argante, et amant de Hyacinte : Jacques Merle
LÉANDRE, fils de Géronte, et amant de Zerbinette : Antoine Rosenfeld
SILVESTRE, valet d’Octave : Tous, en alternance

Durée du spectacle : 1h40

Age conseillé : À partir de 10 ans (l’œuvre est au programme de 6ème).

Une production de la Comédie de Clermont-Ferrand/Scène Nationale et de la Compagnie des Géotrupes.

Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Ile-de-France, du Conseil Général des hauts-de-Seine.

Georges Edmont et Christian Esnay