En projet

Médée : La première pièce de la seconde saison du projet Euripide XXI

Spectacle disponible pour la saison 2020/2021

Présentation à l’issue de la seconde série de répétition les 20, 21 et 22 avril 2020 (voir nos actualités)

Dossier de présentation.

EURIPIDE XXI

Euripide, c’est quelque chose comme un Shakespeare de l’Antiquité, que l’on n’entendrait-on pas! Considéré peut-être comme obsolète, injouable, incompréhensible, ce serait aujourd’hui une pièce de musée, une lettre morte, en un mot. Qu’il eût permis Ménandre qui permettrait Molière, qu’il eût exalté aussi bien Corneille que Racine, rien ne semblait faire alerte.

Alors, oui, monter Euripide ! Aussi directement que possible, parce qu’il faut et qu’il suffit de faire confiance à la force folle des scénarios, à la violence des affrontements, à l’extravagance des aventures, à la langue dans tous ses états, virtuose dans ses sommets lyriques comme dans les abîmes crus. Car Euripide, voyez-vous, chers contemporains, c’est comme un grandiose opéra, éperdu et averti.

Mais il se trouve que l’actualité a changé la donne, et que passant sur notre projet, elle lui a désormais ajouté une seconde raison. Ainsi Euripide est passé de l’oubli à l’urgence. Du luxe au besoin. Du somptueux au nécessaire. Car il est, des trois grands Tragiques, par excellence l’homme du trouble post- héroïque, et à ce titre, il occupe une situation exceptionnelle pour un temps d’enténèbrement. Ce qui s’est passé, mais qui est fini, probablement pour longtemps, c’est que, comme on s’appliquait à la « science » de l’homme, on s’occupait surtout de penser la loi et le droit, de répartir le juste et l’injuste, de refaire à toutes forces de l’intelligible même quand l’histoire mettait cette créance à dure épreuve… Alors c’est à Sophocle qu’allait la dévotion, pas à Euripide, c’est au premier Oedipe qu’on recourait (roi), et non au second (à Colone).

Mais maintenant que l’humain n’est plus sûr, que l’homme n’est plus un droit, maintenant que s’effondrent les repères, les discours, les mythes, les croyances, comme en une gangrène qui mange le monde et nos consciences, alors c’est l’heure d’Euripide. C’est lui qui peut être miroir, pour un homme très éventuel, tout à fait hypothétique. Lui qui ne croit à rien, ni aux hommes ni aux dieux, ni à la guerre ni à la paix, ni aux mots ni aux actes, rien qu’à la douleur, infinie, et à la caresse, miraculeuse.

Tragique et comique, sceptique et vengeur, réaliste et lyrique, brutal et sentimental, il est, à sa façon comme un Socrate, une torpille. C’est le théâtre qu’il nous faut, au désert où nous voici rendus, avec des chansons à la bouche à la façon d’un chœur tragique, pour y survivre.

Euripide, 18 pièces, 4 saisons

MONTER LES 18 PIÈCES D’EURIPIDE EN 4 SAISONS

Euripide, Sophocle, Eschyle, des trois grands tragiques de l’Athènes classique, c’est certainement le plus grand. Et pourtant, Euripide, c’est un continent oublié, son œuvre nous est pratiquement inconnue, alors même que son théâtre nous questionne profondément. Et encore plus aujourd’hui… Dans notre époque en crise, son théâtre nous concerne, nous touche et nous interpelle, il parle de notre temps. Le théâtre d’Euripide traverse toutes nos préoccupations actuelles, il fait débat sur la démocratie, l’exercice du pouvoir et ses responsabilités, la religion… Il propose, il inspire : des réflexions sur l’homme, la cité, sur l’amour, le divin, la richesse et la pauvreté. Il a renouvelé le théâtre par un esprit moderne, parce que son tragique n’est pas fondé sur les mystères des Mythes mais bien sur des questionnements concrets.

Surtout, il a su innover, avec des tragédies faisant appel à l’humour et à la fantaisie. En cela, il a influencé Racine, Shakespeare et Molière. On le dit aujourd’hui difficile à monter. C’est pourtant un théâtre d’idées, de passion, drôle et déconcertant, un théâtre populaire dont l’influence s’étend sur tout le théâtre occidental, et jusqu’à nos contemporains.

Comment montrer tout cela ? En montant la totalité de son œuvre !

L’idée de parcourir l’intégralité de cette œuvre, du moins ce qu’il nous en reste, est née progressivement. J’ai d’abord monté une première pièce en 2006, lors de ma résidence à Gennevilliers à l’invitation de Bernard Sobel. J’ai été fasciné par l’efficacité d’Iphigénie à Aulis. Dans la salle, des jeunes gens pleuraient sur le sort d’Iphigénie, et d’autres spectateurs réagissaient fortement aux références politiques faisant écho à l’actualité du moment … Un théâtre très vivant, au présent.

En 2012, après trois ans de travail en résidence à la Faïencerie de Creil, j’ai monté un ensemble de quatre pièces (Hécube, Hélène, Oreste, et le Cyclope), pour reconstituer les fameuses tétralogies grecques, que j’ai réuni dans une première saison intitulée Retour de Troie et présentée à Châtillon. Quel émerveillement, quelle force, que de surprises à la rencontre de ces textes.

Après ce premier épisode, je ressens maintenant la nécessité de monter toutes les pièces d’Euripide, de tout faire entendre. Cette écriture est tellement étonnante, diverse, bouleversante et novatrice qu’il me semble impossible de ne pas aller jusqu’au bout.

Ce sera une belle aventure, comme un fleuve au long cours. Une de ces aventures qui nous tient en haleine, qui nous fait percevoir, derrière l’œuvre en elle-même, la singularité du théâtre, son essence même.

Après La Raison Gouverne le Monde , spectacle fondateur de la Compagnie des Géotrupes en 2002, après Retour de Troie, je souhaite retrouver cette temporalité, celle de l’épopée, celle du récit de grande envergure, ou l’histoire se dévoile, se noue et se renoue, laissant la place au temps, avec peu de décors, et dans la force de l’acteur.

Le public, lui, sera toujours au rendez-vous pour de telles aventures.

Saison 1

Retour de Troie2

Hécube, Hélène, Oreste, Le Cyclope.

Saison 2

Tragédies des passions3

Médée, Hippolyte, Ion, La Folie d’Héraclès, Alceste.

Saison 3

La révolte

Les Suppliantes, les Phéniciennes, Les Héraclides, les Bacchantes.

Saison 4

Désastres de Guerre

Iphigénie à Aulis, les Troyennes, Electre, Iphigénie en Tauride, Andromaque.